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Le métier d'avocat est fait de hauts et de bas. Parfois on se sent utile. Parfois on se sent parfaitement inefficace et incompris de ses interlocuteurs. C'est une remise en question perpétuelle qui se répercute à tous les niveaux (professionnels comme personnels). Un exercice d'adaptation quotidien. Savoir être à l'écoute. Rester pugnace malgré les murs que l'on se prend pour les personnes que l'on aide. Essayer de faire taire sa colère ou sa tristesse avant de rentrer chez soi.
Les affaires traitées ne nous quittent jamais vraiment, même lorsqu'elles se sont terminées. Parce qu'il n'est pas question d'affaire en réalité mais d'un passé, d'un présent et d'un futur sur lesquels nous avons une influence. La proximité avec la personne défendue ne s'efface pas et nous renforce pour les combats futurs.
Nous avons récemment obtenu au cabinet une nouvelle décision qui nous rappelle qu'il y a de l'espoir même quand les choses semblent alignées contre vous. Une décision qui confirme que si le combat est juste, s'il est mené devant des Juges de grande qualité, alors le jugement ne peut être que bon.
L'histoire commence en 2017. La victime subissait un accident de la route avec rupture des ligaments croisés du genou gauche associée à une entorse sévère, entorse du poignet gauche, douleurs au niveau du rachis et stress post traumatique. Pour donner une idée de la violence du choc la personne que nous avons accompagnée évoluait dans un véhicule de près de 2 tonnes qui a fini en état d'épave.
Face à ce tableau clinique, l'assurance adverse, qui n'hésite pas à se présenter comme l'assurance préférée des français dans les médias et autres supports, a déployé la stratégie de base d'un assureur :
1) Orienter la victime (seule, sans avocat, sans médecin indépendant pour l'accompagner) vers un médecin conseil d'assurance formé (formation initiale + continue), dont le chiffre d'affaire est intégralement réglé par des assureurs, agissant sur mission et consignes de l'assurance, avec un contrôle interne des conclusions prises.
2) Tenter d'écarter le lien entre la blessure du genou et l'accident (en raison d'un diagnostic retardé pourtant totalement habituel en matière de rupture de ligaments ; autrement dit, tenter d'expliquer à la victime que l'accident n'a pas touché le genou en réalité ou que cela est lié à l'état antérieur du genou qui allait lâcher un jour ou l'autre...).
Sans oublier une petite "subtilité", la cerise sur le gâteau : l'assurance adverse du tiers responsable était la même que l'assurance du véhicule de la victime. Difficile dans ce cas de faire la part des choses et de savoir si l'assureur est là pour nous aider ou pour nous rendre la vie plus "compliquée". Enfin c'est difficile tant que l'on a pas expérimenté ce type de situation, après la question ne se pose plus.
Heureusement pour elle, la victime a senti qu'il y avait un problème, que c'était trop "gros". Notamment à partir du moment où on a essayé de lui faire croire que non la douleur, la gêne ce n'était pas l'accident.
Un choix a été fait et c'est un tournant dans cette affaire. Non pas seulement parce qu'il va permettre une décision juste, mais parce que rationnellement c'était la seule chose à faire. Ce choix devrait être automatique comme on va voir un médecin lorsque l'on tombe malade. S'il ne l'est pas c'est peut-être parce que nous ne communiquons pas assez sur le sujet. D'où le souhait de partager cette expérience - qui s'apparente à un cas d'école - avec vous, qui lisez ces lignes.
Ce choix vous l'aurez compris il est simple : la victime a contacté un avocat formé en droit du dommage corporel. Dont le cabinet est organisé, formé, concentré sur l'assistance des victimes. Avec un avocat certes, mais pas seulement, loin de là. L'avocat seul ne peut pas tout. Il doit être aidé car il n'est qu'un rouage dans la défense des droits.
Un dossier en droit du dommage corporel qui se termine bien c'est un travail d'équipe qui a fonctionné. Juriste (avec ici une mention spéciale pour Mme Margaux RIEFFEL), assistant, secrétaire, médecin, ergothérapeute, avocat, la victime elle-même bien sûr ; c'est cette équipe-là qui se bat pour le dossier et qui s'agrandit en fonction des situations. Plus elle est soudée, guidée par des valeurs communes, par la vision des droits tels qu'ils doivent être respectés, plus les chances que tout se passe bien augmentent. A cela s'ajoute une complémentarité nécessaire bien sûr, la rencontre de cette équipe avec les qualités juridiques et humaines des Juges.
Pour le dire autrement, j'ai la chance depuis plusieurs années maintenant de travailler avec des personnes à la force de travail remarquable. Sans elles je n'aurais pas pu écrire ces lignes.
Connaissance prise des éléments du dossier nous avons tout de suite compris qu'il partait dans la mauvaise direction. Alors nous avons essayé de rétablir l'équilibre en demandant une expertise médicale confiée à un expert judiciaire. Je dis bien essayé car le quotidien nous apprend à quel point nous marchons sur des sables mouvants. Qu'il faut espérer le meilleur mais s'attendre au pire.
La qualité du rapport de l'expert judiciaire n'a pas été à la hauteur des attentes sans être totalement mauvaise pour autant. Les séquelles du genou ont été reconnues comme étant en lien avec l'accident, de même que l'état de stress post-traumatique. Le véritable problème était devenu la perte d'emploi pour la victime. Un CDI avec un salaire tout à fait satisfaisant. Une très bonne situation que l'accident a fait voler en éclats. Parce que ce métier comportait une composante physique que les séquelles du genou rendaient impossible à assumer. A cela s'ajoutaient des difficultés dans la maitrise de la langue écrite et parlée. Un cocktail explosif vis-à-vis du marché de l'emploi malgré une RQTH.
Voilà donc le tableau : des séquelles réelles sans être gravissimes mais aux conséquences désastreuses d'un point de vue professionnel. En prime cette victime était le pilier de sa famille. La perte du travail était dans ces conditions une véritable catastrophe.
Or le rapport d'expertise ne concluait pas correctement sur l'aspect professionnel tout en constatant que la victime se retrouvait dans une "impasse professionnelle" en raison de l'absence de formation diplômante. L'expert ne tirait pas les conclusions sur le poste de l'incidence professionnelle qu'imposaient ses propres constatations en somme.
La galère penserez-vous peut-être. Ce n'est pas fini.
De façon tout à fait récurrente désormais, même si la victime a déjà la tête sous l'eau, les assurances ont une stratégie simple : recourir à des détectives privés pour tenter de décrédibiliser la parole de la personne en souffrance. C'est ignoble mais c'est classique et on en deviendrait presque paranoïaque tant cela devient automatique.
L'objectif est simple : dépenser un peu pour manipuler par l'image dans l'espoir d'indemniser moins. A la manière d'une publicité c'est un investissement contre l'intelligence des experts et des juges. Ce qui est la source d'un grand danger. Parce que face à l'image si on ne fait pas attention aux détails on voit ce que l'on a envie de voir ou seulement ce que son auteur a envie que vous voyez.
Pour le cas qui nous occupe ce "rapport" confinait au ridicule. Tout ce que cela démontrait était que la victime assumait ses obligations parentales malgré la douleur et qu'elle n'avait effectivement plus de travail.
On décelait dans la logique de l'assurance qu'elle n'avait pas compris le problème, qu'elle ne voulait pas le comprendre ou bien qu'elle espérait décourager la victime dans son combat vers le respect de ses droits en la faisant suivre.
C'est dans ces conditions, après déjà plusieurs années d'attente, d'angoisse, la perte du travail, un rapport d'expertise perfectible, et après avoir été suivie dans son quotidien, que l'assurance adverse adressait une offre d'indemnisation de 38.500 €.
Cette victime ne s'est pas découragée. Elle nous a fait confiance. Elle a fait confiance au droit et à la justice. Alors nous avons attaqué après avoir tenté de négocier en vain. Nous avons rédigé un argumentaire aussi précis que possible en reprenant chaque étape du dossier et surtout en reprenant les règles applicables face à la perte d'emploi ainsi qu'en ce qui concerne les offres d'indemnisation au sens de la loi BADINTER. Nous avons essayé d'être rigoureux, justes, tout en laissant aux magistrats la possibilité de choisir entre différentes solutions.
C'est le rôle de l'avocat selon nous au sein du cabinet : aider les magistrats à rendre la décision la plus juste possible.
Nous traitons des dossiers qui réparent le passé et qui forgent l'avenir. Nous ne pouvons prétendre le connaître dans ses moindres détails surtout lorsque la victime est jeune. Alors on raisonne à travers des projections. Aussi est-il logique d'offrir aux magistrats la possibilité de trancher en faveur de l'avenir qui pour eux est le plus sérieux. C'est ce qu'ils ont fait dans cette affaire à travers la notion de perte de chance de percevoir des revenus après le licenciement pour inaptitude.
Les juges ont par ailleurs parfaitement appliqué les sanctions qui peuvent être prononcées contre les assurances qui cherchent à tirer profit de la phase amiable pour s'en sortir à bon compte, en faisant des offres non conformes à la loi pour être incomplètes ou trop basses.
L'indemnisation finale obtenue est supérieure à 570.000 € (préjudices des proches compris ainsi que les intérêts légaux doublés compte tenu d'une offre incomplète), soit une indemnisation presque 15 fois supérieure à ce qui était proposé initialement. Aucun appel n'a été interjeté.
Les magistrats ont à notre sens parfaitement jugé parce qu'ils ont fait preuve d'indépendance vis-à-vis du rapport d'expertise en tenant compte de l'ensemble des pièces fournies, ne sont pas tombés dans le piège de l'image tendu par le rapport d'enquête privé, et ont tranché souverainement entre les différents futurs possibles de la partie demanderesse.
Cette décision a été accueillie avec beaucoup de soulagement par la victime comme vous pouvez l'imaginer. N'ayant toujours pas retrouvé d'emploi depuis 7 ans c'est pour elle une bouffée d'oxygène et la possibilité d'aller de l'avant. De reconstruire malgré les difficultés.
Pour notre cabinet ce qui domine est le sentiment d'avoir été à la hauteur de l'enjeu et un véritable encouragement pour chercher à y parvenir encore.
Nous allons continuer à nous battre pour les victimes de dommages corporels malgré les murs, malgré les échecs, malgré les aléas. Donner le meilleur, en équipe, pour participer au respect des droits.
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